Arrivé lundi soir en Martinique, deuxième et dernière étape d’un court séjour destiné à apaiser les tensions et sortir de la crise sociale les Antilles françaises, le ministre a rencontré à la préfecture une délégation de 20 syndicalistes et les élus locaux, après que des discussions similaires la veille en Guadeloupe ont tourné court.

À Pointe-à-Pitre, le ministre avait jugé qu’aucune discussion n’était possible tant que les syndicats ne condamnaient pas les « tentatives d’assassinat contre des policiers et des gendarmes ».

À Fort-de-France, l’issue a été différente, le membre du gouvernement se montrant ouvert à une « adaptation de l’application de la loi » d’obligation vaccinale, qui devait initialement s’appliquer le 15 novembre dans les Antilles, jour où a débuté la grève générale en Guadeloupe.

Né du refus de cette obligation vaccinale pour soignants et pompiers, le mouvement s’est étendu à des revendications politiques et sociales, notamment contre la vie chère, occasionnant violences, pillages et incendies et gagnant la Martinique où la contestation a débuté le 22 novembre. Les deux îles sont placées sous couvre-feu.

Vendredi, M. Lecornu et son collègue de la Santé Olivier Véran avaient annoncé repousser au 31 décembre 2021 la « finalisation de la mise en œuvre de l’obligation vaccinale » pour la Guadeloupe et la Martinique.

Mais « je ne vois pas comment le 31 décembre, on pourra accepter l’obligation vaccinale telle que c’est aujourd’hui », a souligné mardi à la sortie de la réunion Serge Letchimy, président du conseil exécutif de Martinique, car « on n’atteindra pas un niveau qui permette la continuité des soins ».

« Le ministre a bien compris que notre spécificité doit être prise en compte dans cette question d’obligation vaccinale », s’est réjoui Bertrand Cambusy, secrétaire général de la CSTM, syndicat à l’origine de l’appel à la grève générale, qui s’est exprimé en tant que porte-parole de l’intersyndicale.

Avant la réunion, environ 120 personnes s’étaient rassemblées devant la préfecture, après une nuit relativement calme sur l’île. Des barrages ont toutefois été érigés, notamment sur l’autoroute, coupant l’île en deux, et un centre de traitement postal situé dans un quartier de Fort-de-France a été vandalisé, a indiqué La Poste, qui déplore la détérioration d’une partie des colis.

Une journaliste de l’AFP a constaté la présence de voitures brûlées et retournées sur un barrage au rond-point de Mahault, sur la commune du Lamentin, avec une dizaine de personnes présentes.

Source : La Presse