Le président salvadorien Nayib Bukele a présenté jeudi sa candidature à un second mandat, malgré les inquiétudes quant à la légalité de sa candidature.

Le pays d’Amérique centrale de 6,3 millions d’habitants se rendra aux urnes le 4 février. Sous haute sécurité, Bukele et son colistier, le Vice-président Felix Ulloa, ont présenté leurs papiers au Tribunal Électoral Suprême (TSE) de la capitale San Salvador, où des journalistes de l’AFP ont vu des dizaines de partisans scander  » Nayib! »et » réélection! Bukele, 42 ans, a annoncé l’année dernière qu’il briguerait un nouveau mandat après que la Cour suprême lui ait permis de se représenter, suscitant un débat intense sur sa constitutionnalité.

Les critiques ont remis en question la légalité d’un deuxième mandat consécutif. La constitution salvadorienne impose des limites de mandat unique aux candidats aux élections présidentielles, interdisant à quiconque de se présenter qui « a été président de la République pendant plus de six mois, consécutifs ou non » dans les six mois précédant la période présidentielle. Le parti de droite des Nouvelles Idées (NI) de Bukele a approuvé sa quête pour conserver le pouvoir.

Les juges de la cour ont été nommés par le Congrès, qui est contrôlé par le parti des Nouvelles idées du président. Bukele, l’ancien maire de San Salvador et un promoteur de bitcoin de premier plan, a brisé trois décennies de domination bipartite dans la politique salvadorienne avec sa victoire en 2019. Un récent sondage mené par le Center for Citizen Studies de l’Université Francisco Gavidia a donné de nouvelles idées près de 70 pour cent de soutien, contre un peu plus de 4 pour cent pour son concurrent le plus proche.

La guerre de Bukele contre les gangs de rue violents lui a valu les applaudissements de la population, malgré les vives critiques des organisations de défense des droits de l’homme sur les procès de masse et les arrestations sans mandat. Les groupes de défense des droits, les Nations Unies et les États-Unis ont tous exprimé leur inquiétude face aux arrestations arbitraires, aux conditions de détention inhumaines et à l’autoritarisme croissant au Salvador.