Il y a quelques jours, le 30 juin, très exactement, l’ouragan Béryl était devenu le premier ouragan de l’Atlantique jamais enregistré à atteindre le statut de catégorie 4 aussi tôt dans la saison. Le lendemain, nouveau record pour ce phénomène hors norme : Béryl était devenu le premier d’une saison à atteindre la catégorie 5. Et même si les scientifiques avaient prévu que ce genre d’évènement se produirait, ils sont étourdis par les chiffres.
Rappelons que c’est la température extrêmement haute des océans qui alimente l’ouragan Béryl. « Nous observons des températures de l’océan — tant de surface que plus en profondeur et même probablement jusqu’à 100 ou 125 mètres de profondeur — qui sont supérieures à celles qui sont habituelles au plus fort de la saison des ouragans — soit vers la mi-septembre. Et nous sommes encore loin du pic », commentent les chercheurs. D’autant qu’ils s’attendent à ce que la pleine période du phénomène La Niña qui vient de débuter coïncide avec le plus fort de la saison des ouragans. Or La Niña renforce l’activité des ouragans en réduisant le cisaillement du vent à travers les tropiques. « Nous n’avons jamais vécu une année comme celle-ci », s’inquiètent les experts.
Le tout pendant que sur la route de l’ouragan Béryl, on ne peut que faire le constat des dégâts occasionnés. Ce lundi, des vents soufflant à quelque 250 km/h ont littéralement rasé l’île de Carriacou en une demi-heure seulement. Même destin pour Union Island. Il n’y reste pratiquement plus aucun bâtiment debout. 95 % de l’île de la Grenade a perdu son alimentation électrique.