Le Dialogue ACP-UE sur la migration et le développement a été lancé après la révision de Ouagadougou (2006) des dispositions de l’article 13 de l’Accord de Cotonou (2000) relatif à la migration. En juin 2010, le Conseil ACP-UE a publié une déclaration commune sur la migration et le développement identifiant trois piliers en vue d’une coopération et d’un dialogue accrus : la migration et le développement, la migration régulière et la migration irrégulière.
En 2010, l’Observatoire ACP sur les migrations a été créé par le Secrétariat ACP, l’UE et l’OIM afin de contribuer aux efforts de formulation des politiques déployés par les pays de l’ACP en facilitant la fourniture d’informations améliorées et actualisées sur la migration Sud-Sud.
Le Groupe des États ACP et l’UE ont tenu plusieurs cycles de dialogue au niveau des ambassadeurs, qui ont débouché sur une série de recommandations approuvées ensuite par le Conseil conjoint ACP-UE. Pour les mettre en œuvre, le Programme d’action ACP-UE sur la migration a été lancé en janvier 2015. Il prévoit la mise en œuvre d’activités qui appuient les recommandations du Dialogue sur la migration et le développement pour ce qui est des visas, des rapatriements de fonds, de la réadmission, de la traite d’êtres humains et du trafic illicite de migrants. Il s’appuie sur des initiatives et partenariats existants pour apporter un soutien à l’échelle nationale, régionale et locale. Il comporte trois composantes étroitement corrélées et se renforçant mutuellement, qui ciblent différentes parties prenantes en vue d’atteindre une série d’objectifs précis :
1. Apporter un soutien aux gouvernements, aux organisations régionales, aux institutions publiques et aux processus décisionnels liés à la migration dans les pays de l’ACP, en s’intéressant plus particulièrement au suivi donné aux recommandations du Dialogue ACP-UE, à la faveur d’un mécanisme de soutien technique sur mesure mis en œuvre à la demande des gouvernements de l’ACP ;
2. Promouvoir la mise en œuvre de mesures concrètes par des acteurs non étatiques dans les domaines prioritaires pour le Dialogue ACP-UE à l’échelle locale, dans le but d’améliorer la situation des migrants, de leur famille et de leur communauté d’origine/d’accueil, y compris les groupes vulnérables ayant un lien avec le processus migratoire, tels que les enfants restés au pays dont les parents ont émigré, les migrants de retour ou les communautés bénéficiaires de rapatriements de fonds ;
3. Recueillir des données, produire des informations, réaliser des analyses actuelles, identifier des bonnes pratiques dans des domaines présentant un intérêt stratégique mutuel pour le partenariat ACP-UE et proposer des moyens de diffusion, en veillant à ce qu’un suivi des progrès soit assuré et que les résultats obtenus éclairent le Dialogue ACP-UE.